Dim. Mai 19th, 2024

Par Carolanne Boileau  

Les dernières semaines n’ont pas été de tout repos pour le Parti libéral du Québec (PLQ). Expulsion du caucus, démission, tentative de réintégration… le parti se retrouve en pleine situation de crise.  

Avant même le début de la session parlementaire, le Parti libéral du Québec et sa cheffe se retrouvent au cœur de situations extrêmement difficiles à gérer. Cette saga a commencé le 27 octobre dernier, date à laquelle Dominique Anglade a décidé d’expulser Marie-Claude Nichols du caucus libéral.  

Une décision qui fait réagir 

Mme Nichols, députée de Vaudreuil depuis 2014, était l’une des personnes les plus expérimentées au sein du caucus libéral. Cependant, un différend entre elle et son ex-cheffe aurait mené à son expulsion. La députée de Vaudreuil avait refusé le poste qu’on lui proposait au sein du cabinet fantôme de Dominique Anglade selon les sources du journal La Presse 

Au départ, Marie-Claude Nichols désirait obtenir le poste de troisième vice-présidence de l’Assemblée nationale, un poste important et réservé à un membre de l’opposition. Le poste a finalement été octroyé à son collègue Frantz Benjamin, député de Viau depuis quatre ans seulement. Toujours selon les informations du journal La Presse, Dominique Anglade a proposé les responsabilités en matière de Transport à la députée de Vaudreuil. Celle-ci a refusé la proposition puisque ce dossier se trouvait à être son quatrième choix dans son ordre de priorité. Après avoir été exclue du cabinet fantôme, c’est finalement du caucus en entier que la députée s’est fait écarter.  

De nombreuses personnes anciennement députées et ministres du PLQ ont donné leur opinion sur la décision de Mme Anglade. Parmi celles-ci, Jean D’Amour, ex-ministre du parti, trouve la situation bien désolante. En entrevue avec les journalistes de La Presse, celui-ci mentionne qu’il « s’explique mal que l’on expulse une députée expérimentée de façon si expéditive, une députée qui a gagné sa circonscription de Vaudreuil, en Montérégie contre toute attente ».  

D’autres personnalités bien connues au sein du Parti libéral n’ont pas mâché leurs mots. C’est le cas de Lise Thériault, ancienne députée libérale d’Anjou-Louis-Riel durant plus de 20 ans, qui est venue défendre Marie-Claude Nichols. En entrevue, elle explique que la situation est totalement injuste et épouvantable. Celle-ci rajoute que Dominique Anglade a creusé sa propre tombe avec la décision qu’elle vient de prendre. Ces propos ont été repris par La Presse et supposément appuyés par de nombreux ex-élus libéraux.  

Une réintégration possible 

Après avoir reçu de nombreuses critiques, la cheffe du Parti libéral du Québec a avoué avoir pris une décision possiblement prématurée. Elle a également mentionné que la situation était allée trop loin, prenant une part de blâme, mais tout de même pas l’entièreté de celui-ci. Une rencontre a eu lieu entre les deux femmes pour discuter des différents scénarios possibles.  

Sentant certainement l’eau chaude, Dominique Anglade a finalement tenté de réintégrer la députée de Vaudreuil, députée qu’elle avait elle-même exclue de son caucus 4 jours plus tôt. Comme tentative de sauver les meubles, on peut dire que c’est plutôt raté puisque Marie-Claude Nichols ne souhaite pas prendre la main tendue par la cheffe libérale. Cette situation catastrophique n’a rien pour calmer la grogne des militants qui en veulent à leur cheffe depuis déjà quelque temps.  

La députée nouvellement indépendante assure qu’elle ne rejoindra pas les rangs d’un autre parti politique. Certaines personnes pouvaient se demander si Mme Nichols changerait son fusil d’épaule, mais celle-ci assure que ses valeurs restent libérales. Elle continuera donc de siéger à titre de députée indépendante.  

La cerise sur le gâteau  

Comme si ce n’était pas déjà assez, une autre brique tombe sur la tête des membres du PLQ. Dans la même semaine suivant l’expulsion de Marie-Claude Nichols du caucus, c’est au tour de l’organisateur en chef du parti de quitter le navire. En effet, Le Devoir rapportait que Jean-François Helms a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il ne va pas renouveler son mandat au sein du parti. M. Helms a assuré qu’il quitterait son poste seulement après avoir produit un rapport détaillé de la campagne électorale qui vient de prendre fin.  

À travers son long message, Jean-François Helms en a également profité pour envoyer de bons mots à sa cheffe. En faisant référence à Dominique Anglade, celui-ci écrit sur son profil Facebook : « je l’ai vue regarder en avant avec une force, une détermination, un positivisme et un pragmatisme digne d’une première ministre ». Il a également profité de sa tribune pour envoyer un message positif aux personnes militantes libérales en les encourageant à s’unir entre elles pour passer au travers ces temps plus difficiles.  

Au moment où plusieurs revendiquent un changement de direction à la tête du Parti libéral du Québec, certaines personnes assurent qu’ils ont toujours confiance en Dominique Anglade. Il faudra suivre la situation de près pour savoir si la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne restera cheffe du parti. Un vote de confiance est prévu au prochain congrès du Parti libéral. D’ici là, il va falloir que Dominique Anglade se tienne la tête hors de l’eau, malgré la pression qui s’accentue.  

*Les informations de cet article datent du moment de sa rédaction.


Crédit image @Facebook Jean-François Helms

FORMER ET INFORMER / Le Collectif a pour mission de rapporter objectivement les actualités à la population et d’offrir une tribune à la communauté étudiante de Sherbrooke et ses associations. Toutes les déclarations et/ou opinions exprimées dans les articles ou dans le choix d’un sujet sont uniquement les opinions et la responsabilité de la personne ou de l’entité rédactrice du contenu. Toute entrevue ou annonce est effectuée et livrée dans un but informatif et ne sert en aucun cas à représenter ou à faire la promotion des allégeances politiques ou des valeurs éthiques du journal Le Collectif et de son équipe.