Mar. Fév 27th, 2024

Par Natasha Guay Marchand  

À l’annonce d’un projet de loi en éducation qui remet en question l’autonomie des enseignants, le débat sur les lectures obligatoires dans les écoles secondaires refait surface.  

En mai 2023, le ministre Bernard Drainville a présenté le projet de loi n. 23. Ce dernier vise à rendre le réseau scolaire plus efficace. Notamment en facilitant l’accès aux données et en donnant beaucoup de pouvoir au ministre. L’annonce de la réforme a suscité plusieurs critiques sur la question de l’autonomie des enseignants.  

Des œuvres québécoises au programme 

D’ailleurs, dans son projet de loi, le ministre de l’Éducation a énoncé son intention d’intégrer davantage la culture québécoise dans l’enseignement du français. Est-ce que cette orientation pourrait amener le gouvernement à imposer la lecture obligatoire d’œuvres québécoises au secondaire? 

Actuellement, la seule exigence du ministère envers les élèves du secondaire est de lire cinq livres par année. Qu’arriverait-il si le gouvernement impose des classiques littéraires obligatoires à tous les élèves du secondaire? On peut penser qu’une culture commune autour de certains romans se développerait. Une sorte d’expérience littéraire universelle pour les jeunes Québécois. Serait-ce une bonne chose ou devrait-on laisser la liberté aux enseignants de choisir? 

Deux arguments s’affrontent régulièrement dans ce débat. Le premier soutient que l’école devrait enseigner ce que les jeunes ne découvriront pas par eux même en parlant des classiques. Le deuxième pense qu’il faudrait avant tout enseigner l’amour de la lecture en évitant d’imposer des livres « ennuyants ».  

Avant toute chose, il faudrait s’accorder sur la définition d’un « classique ». L’enseignante de français, Lili-Marion Gauvin-Fiset, dans le Journal de Québec définit un classique comme étant « un texte intemporel et fondateur qui a ouvert la voie à d’autres œuvres dans le même genre ».  

La plupart auront lu Ils étaient dix d’Agatha Christie, l’Orangeraie, de Larry Tremblay, ou bien encore du Stephen King ou du Patrick Senécal. On peut également penser aux classiques Le parfum ou Des souris et des hommes. Il se peut aussi que vous lisiez cet article et que vous n’ayez lu aucun de ces titres. N’est-ce pas la beauté de notre système actuel? Les professeurs ont la liberté de sélectionner les classiques qui leur semblent plus pertinents ou marquants. Évidemment, cette décision est subjective et propre à chacun. D’autres laisseront les élèves complètement libres en les laissant choisir parmi les romans qu’offre la bibliothèque.  

Dans les deux cas, l’expérience vécue par chaque élève sera unique. Ce qu’on lit durant notre jeunesse contribue indirectement à former la personne que nous sommes aujourd’hui. Classique ou pas, ne devrait-on pas embrasser la diversité littéraire qui nous entoure?  

Que ce soit par le biais d’une lecture obligatoire, un classique ou un livre de votre choix, je souhaite à tous les jeunes de connaitre les joies de la lecture. L’auteur Jorge Louis Borges disait à ses élèves : « si un livre vous ennuie, laissez-le, ne le lisez pas. Ce livre n’a pas été écrit pour vous. La lecture doit être une des formes du bonheur ».  


Source: Agatha Christie

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