Mar. Fév 7th, 2023

Par Amandine de Chanteloup

Dès l’automne 2022, deux nouveaux programmes sur les études féministes et des genres verront le jour à l’UdeS. Chapeautés par Stéphanie Lanthier, le certificat et le microprogramme seront ouverts aux étudiantes et étudiants du premier cycle intéressés à ouvrir leurs perspectives sur ces enjeux sociaux.

Ces deux nouveaux programmes, soit un certificat de 30 crédits et un microprogramme de 15 crédits, sont nés d’une mouvance contemporaine de la situation sociétale actuelle. Ce projet est également issu d’une intention dynamique de professeures et professeurs enseignant des thématiques liées au domaine. En effet, la plupart des cours de ces programmes existaient déjà, mais c’est seulement cet automne qu’ils seront unis au sein d’un même parcours.

Une renaissance nécessaire

De 1990 à 1994, l’historienne Micheline Dumont pilotait déjà un certificat en études sur les femmes à l’Université de Sherbrooke. Malheureusement, des coupes budgétaires et un manque d’inscriptions ont mené à un essoufflement du projet. Malgré tout, des conjonctures favorables semblent vouloir faire revivre ce programme. Entre le mouvement étudiant de 2012, l’élan de dénonciation autour du #Metoo et bien d’autres manifestations d’ébullition sociale autour du concept de genre et du féminisme, il devenait plus que pertinent d’éveiller de nouveau la communauté étudiante à ces enjeux dans un cadre scolaire.

Stéphanie Lanthier, responsable de ces nouveaux programmes en études féministes et des genres est consciente de cet éveil : « il y a une présence, un engouement, parce que cela touche les jeunes féministes, les personnes trans, mais aussi parce que ça touche les jeunes garçons. » Ainsi, ces programmes viennent répondre à un véritable besoin et participent à tout ce que l’on observe dans une société en pleine prise de conscience.

Des programmes riches

Ces programmes ont une saveur diversifiée que peu peuvent se targuer d’avoir : ils sont interdisciplinaires. De ce fait, lorsque l’on consulte la liste de cours offerts, on constate aisément que bien des disciplines pertinentes viennent en enrichir le contenu : littérature, théologie, histoire, communication, philosophie, psychologie et politique. C’est cette diversité de disciplines qui fera la spécificité des programmes.

Parmi eux, les étudiantes et étudiants devront passer par deux cours obligatoires : FEM 110, Introduction aux études féministes et des genres et FEM 111, enjeux actuels des féminismes et des genres. Le certificat, quant à lui, voit s’ajouter un troisième cours obligatoire : FEM 112 Projet supervisé. Ce dernier est le cours qui, selon Stéphanie Lanthier, donnera une véritable couleur au certificat : « C’est une activité de type tutoral. Si une personne étudiante a envie de travailler un sujet en particulier, de faire une série balado ou autre, c’est ouvert à plusieurs possibilités. Il suffit de cibler avec un professeur ou une professeure une thématique féministe ou sur l’étude des genres. »

Une ouverture essentielle

Ces programmes ont la caractéristique pertinente de pouvoir être réalisés à temps partiel. Ainsi, tant la communauté étudiante que les personnes déjà sur le marché du travail peuvent facilement y avoir accès : « On vise les personnes de l’université ou d’ailleurs, mais il y a aussi cette idée de formation continue. Donc, des personnes qui travaillent en milieu de garderie, qui travaillent en milieu scolaire, qui travaillent dans le communautaire, dans des groupes de femmes, peuvent parfaire leurs connaissances, aiguiser leur comportement et leur analyse. Ils pourront le faire à temps partiel, parce que les programmes le permettent. »

Il est donc aussi possible de s’inscrire à l’un de ces programmes en l’intégrant à un baccalauréat, tel que celui de philosophie, d’histoire, ou dans un baccalauréat multidisciplinaire. Stéphanie Lanthier mentionne également qu’il existe un microprogramme en études autochtones, et que le jumelage avec le microprogramme en études féministes pourrait donner un certificat multidisciplinaire. Pour toute personne interpellée par les enjeux liés aux peuples autochtones et les enjeux féministes et des genres, le tout peut très bien se marier !

Il est également important de mentionner que le programme est ouvert à toutes et à tous, peu importe le genre auquel les étudiants et étudiantes s’identifient. La lutte pour l’égalité est un combat universel.

L’égalité passe par l’éducation

Comme les écrivaines et philosophes féministes Olympe de Gouges et Mary Wollstonecraft le clamaient, pour que les femmes existent à part entière en tant qu’individus, la démarche passe d’abord et avant tout par l’éducation. Ainsi, ces programmes vont servir de véritables outils face aux inégalités encore présentes dans la société.

« Cela permet un regard plus aiguisé face aux inégalités de genres, aux inégalités sociales. Cela permet de mieux articuler une pensée critique face à ce qu’on consomme, que ce soit dans les médias ou sur internet. Cela donne des outils d’analyse, mais aussi de transmission de connaissance et de socialisation. À partir du moment où l’on prend conscience des inégalités, où l’on prend conscience de la hiérarchisation qui peut exister entre les genres ou entre les personnes, on apprend à nommer ce qui est difficile à nommer. »

Les étudiants et étudiantes faisant partie de l’un de ces programmes seront ainsi plus outillés pour aider leur prochain à avoir des comportements moins stéréotypés et plus ouverts, à faire attention aux mots utilisés, qui sont souvent chargés d’une lourde valeur.

En soi, ces programmes vont permettre de sensibiliser la communauté à la violence faite aux femmes, à la discrimination qui leur est faite à elles ainsi qu’aux personnes trans. C’est par l’éducation que l’on contribue à une meilleure société. Sensibiliser les jeunes adultes, leur apprendre à constater la socialisation genrée peut déconstruire des normes et des comportements inconscients et ainsi œuvrer à un monde plus égalitaire.


Crédit image @UdeS

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Amandine de Chanteloup
Auparavant cheffe de pupitre (printemps-automne 2022) pour le journal Le Collectif

Amoureuse d’histoire et de littérature, Amandine a toujours aimé écrire. Son entrée au baccalauréat en histoire n’a donc été une surprise pour personne, puisque cela lui permet de lire, d’écrire, mais surtout d’apprendre toujours plus.

Membre de l’équipe du journal depuis le printemps 2022, elle vous garde au courant des évènements culturels, mais vous permet aussi de découvrir toutes sortes de personnalités et d’expressions artistiques.

Amandine a été cheffe de pupitre de la section CAMPUS au printemps-été 2022 avant de migrer vers la section CULTURE pour l'automne 2022 et de quitter l'équipe pour d'autres horizons professionnels à l'hiver 2023.