Mar. Avr 16th, 2024

Par Elizabeth Gagné  

La culture ne se définit pas seulement par les arts et l’histoire. « La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »  

Sortant des sentiers battus, cet article est réalisé à la suite d’une entrevue avec la magnifique Rouka Idrissa Abdoulaye concernant l’annonce du 22 mars de la campagne de lutte contre le racisme et les discriminations de la Ville de Sherbrooke. La culture n’a pas toujours une connotation positive et, malheureusement, le racisme fait partie de notre culture. Mais c’est avec des initiatives comme celle de cette campagne qu’on peut espérer enrichir nos connaissances et élargir nos horizons afin de lutter contre les discriminations et le racisme.  

Le Collectif a eu la chance de s’entretenir avec Idrissa Abdoulaye des débuts de ce projet. Après la mort tragique de George Floyd en 2020, la ville a créé plusieurs comités, dont l’Instance de Concertation en Immigration, dont Idrissa Abdoulaye fait partie. Après avoir mené une concertation auprès de la population, un rapport a été créé et présenté à la Ville avec des recommandations, dont celle de mettre en place une politique de luttes contre le racisme. Rouka Idrissa Abdoulaye et ses collègues travaillent donc à la réalisation de ce plan d’action, qui comprend cette campagne, depuis l’automne dernier. Plusieurs milliers de dollars ont été alloués pour réaliser ce projet. Ce plan d’action est ancré dans la politique, et cela lui donne force de loi. Un élément fondamental pour la crédibilité de cette campagne. « La ville est imputable! », précise Idrissa Abdoulaye. 

La campagne aura lieu durant 12 semaines. Des ambassadeurs et des ambassadrices tels que le réalisateur de Des hommes, la nuit, Anh Minh Truong, l’athlète de patinage de vitesse, médaillé d’or à Pékin, Jordan Pierre-Gilles, ainsi qu’Annie Faucher, co-propriétaire du Liverpool, font partie des visages de cette campagne qui sera affichée un peu partout dans la ville. Le but de cette campagne est de créer un premier choc pour réveiller la population de Sherbrooke.  

« D’où les avantages d’une campagne », explique Mme Abdoulaye. Ces ambassadeurs et ces ambassadrices se sont adonnés à une séance photo qui a permis de produire de magnifiques pancartes et d’immenses affiches exposées un peu partout dans la ville (Carrefour de l’Estrie, arrondissements Fleurimont, le Lac-des-Nations, etc.). Également affichée sur les autobus de la ville et projetée lors de représentation cinématographique par l’entremise d’une capsule vidéo, la campagne bénéficie d’une grande visibilité qui permettra de créer cet effet « choc ».  

Ces bien beau, les affiches, mais la campagne a comme autre objectif de recruter 150 entreprises et organisations afin de les engager à afficher (à l’aide d’un collant), dans leurs commerces, le libellé de la campagne, « Sherbrooke contre le racisme et les discriminations ». Écrit blanc sur noir, le logo est simple afin que le message soit le centre de l’attention. L’équipe a également créé un carnet qui sera distribué afin de prodiguer des conseils et des explications sur les différentes formes de discriminations et sur ce qu’est le racisme.  

« Au-delà de ces 12 semaines d’affichages, qui représentent le moment phare de la campagne, il y aurait de petits bébés qui vont naître et continuer le travail », dit Idrissa Abdoulaye. Une murale sera construite afin que soit marqué dans la pierre le message fondamental de cette campagne pour qu’il puisse résister au passage du temps. De plus, des formations seront données à divers groupes qui ont un lien direct avec la population. Ces formations, précise-t-elle, ne seront pas trop lourdes et se concentreront sur des sujets comme l’immigration, ce qu’est la discrimination et le racisme et leurs impacts. La spécificité de ces formations, c’est qu’elles seront adaptées selon le secteur de travail et selon la clientèle qu’il sert. À titre d’exemple, mon interlocutrice me nomme les cols bleus, les travailleurs de la Ville et divers organismes qui travaillent avec les jeunes.  

Le besoin d’une telle campagne, signifie Idrissa Abdoulaye, remonte pour elle à un évènement précis. À l’annonce que la police de Sherbrooke allait financer les personnes marginalisées ou issues de la « minorité » à faire leurs cours pour les inciter à rentrer dans le corps de police, il y a eu beaucoup de commentaires haineux. Selon elle, s’il y a eu autant de réactions, c’est que la Ville n’avait rien fait pour se mettre de l’avant pour montrer son appui pour une ville inclusive et les gens ont été surpris.   

Après avoir brossé un portrait plutôt complet et détaillé de la campagne de lutte contre le racisme et la discrimination, qu’est-ce que Rouka Idrissa Abdoulaye espère voir comme effet, ou quel est son souhait par rapport à la campagne? Elle répond qu’elle souhaite que monsieur et madame Tout-le-Monde aient une opinion, qu’elle soit bonne ou mauvaise sur la campagne. Dans le sens où elle veut une rumeur, elle veut que ça fasse jaser, que ça éclabousse, car c’est de cette façon, en jasant ouvertement, que les choses peuvent changer. Elle souhaite que les gens réagissent et que les citoyens qui ont des idées viennent partager et participer à cette campagne lors des ateliers, le 28 mars.  

Son souhait le plus cher est celui de créer une identité autour de l’inclusion ancrée dans l’ADN des Sherbrookois. Elle espère que les gens penseront à deux fois avant de poser des gestes ou des paroles regrettables et qu’ils prendront le temps de se poser les bonnes questions avant d’agir.  


Source: Facebook Ville de Sherbrooke

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Cheffe de pupitre CULTURE