Dim. Juin 23rd, 2024

Par Emie Charpentier 

OPINION/«Blonde» est le nouveau long métrage d’Andrew Dominik, s’inspirant de la biographie fictive de Joyce Carol Oates publiée en 2000. Soixante ans après la mort de Marilyn Monroe, le cinéaste plonge dans la vie privée de cette dernière, tout en basculant entre la fiction et la réalité.  

Distribution  

C’est Ana de Armas qui interprète à la perfection l’icône hollywoodienne des années 50. L’actrice a eu une transformation physique incroyable en Marylin Monroe. Adrien Brody, quant à lui, joue le rôle du troisième mari de l’actrice, le dramaturge Arthur Miller. L’acteur australien Xavier Samuel, bien connu pour son rôle de Riley Biers dans Twilight ou encore d’Adam dans Frankenstein, interprète Charles Chaplin Jr., tandis que Gladys Monroe, la mère de Marylin, est interprétée par la remarquable Julianne Nicholson, qui nous livre une performance à la fois touchante et troublante. 

Résumé 

Tout au long du film, il est possible de remarquer que le thème de la maternité est bien ancré. Dès son jeune âge, Norma Jeane, que nous connaissons sous le nom de Marilyn Monroe, est présentée comme une jeune fille fragile et battue par sa mère, qui l’accuse d’être la raison de l’absence de son père. En grandissant, Norma Jeane est confrontée à plusieurs types d’amours tumultueuses et à son désir de devenir mère. Elle doit toutefois se résigner à ne pas avoir d’enfants et elle fera plusieurs fausses couches. Sa vie privée et sa vie professionnelle sont entremêlées et la vedette hollywoodienne Marilyn Monroe sera victime de pratiquement toutes les personnes qu’elle rencontrera sur son chemin, de Charles Chaplin Jr. à John F. Kennedy.  

Victime des hommes 

Non seulement tout le film dépeint ses rencontres avec plusieurs hommes qui l’ont marquée, mais la jeune femme cherche aussi désespérément son père absent. Ce qui me choque le plus est : n’est-elle pas simplement réduite à une femme-objet dans ce film ? Alors que pourtant, Marylin Monroe est l’une des meilleures actrices de sa génération.  

Je crois cependant qu’il est important de démontrer comment la machine hollywoodienne a détruit cette brillante jeune femme. Dès sa première apparition au grand écran, Norma Jeane sera victime d’une agression sexuelle. Et ce n’est que le début de son humiliation. Jusqu’à sa mort à l’âge de 36 ans, elle sera, tout au long de sa vie, vue comme un objet et abusée par plusieurs hommes.   

Bien que Marilyn Monroe soit un sex-symbol des années 50, « Blonde » réduit l’actrice à son apparence. Les trois heures complètes font référence à sa poitrine ou à son vagin, alors que 

cela n’apporte rien de plus au récit. Il aurait été possible de comprendre qu’Hollywood est un monde malsain sans constamment sexualiser Marilyn.  

Le paradoxe de Norma Jeane et Marilyn 

C’est sans surprise que Ana de Armas réussit à interpréter deux personnages distincts. La Marilyn Monroe créée et connue de tous par les studios d’Hollywood, et la femme qui tentait de s’échapper de ce personnage en privé. Un étrange parallèle est également établi entre les troubles de schizophrénie dont souffrait la mère de Norma Jeane et l’actrice elle-même. Son changement de personnalité entre Marilyn Monroe sous les caméras et Norma Jeane en privé nous laisse croire qu’il est possiblement causé par le trouble de sa mère. 

Un visuel frappant  

Chose certaine est que le réalisateur a réussi à taper dans l’œil du spectateur. En alternant constamment avec des images en couleurs et en noir et blanc, Andrew Dominik a un souci de l’esthétique remarquable. Sans oublier la fameuse scène de viol d’un dirigeant de studio d’Hollywood sur la jeune femme pleine d’ambition. Dans ce cas-ci, je salue le visuel d’Andrew Dominik. Nul besoin de montrer une scène érotique, le gros plan sur le visage de Marilyn fait bien comprendre à l’auditoire le mal être, et l’humiliation qu’elle a pu ressentir.  

Les critiques controversées  

Évidemment, ce long métrage ne peut plaire à tout le monde. Certains saluent le génie qu’est Andrew Dominik par sa manière de montrer le côté sombre, mais réel qu’est Hollywood, tandis que d’autres soulignent que Marilyn était « bien plus qu’une victime », selon le New York Times. Ils accusent Dominik de « brouiller les frontières entre ses films et sa vie », mais justement, n’était-ce pas le but ? La carrière de Marilyn a directement eu un impact décisif sur sa vie privée, donc pourquoi ne pas les mélanger ? Je suis cependant d’avis que son talent d’actrice n’est pas assez démontré. Durant le film, nous avons l’impression que les réalisateurs la choisissent seulement pour ses fesses ou sa poitrine, mais jamais pour son interprétation. Pourtant, cette femme avait la capacité d’être à la fois drôle et émouvante, de chanter, de danser, et bien plus. Elle a joué avec de grands réalisateurs tels que Billy Wilder et John Huston.  

Somme toute, ce film nous fait découvrir une partie choquante de la vie de Marilyn, qui permet de mieux comprendre comment cette femme a sombré beaucoup trop tôt dans la drogue et vers une mort prématurée. Dominik Andrew nous a montré une facette de sa vie qui doit être exploitée au grand jour, bien qu’elle soit réductrice.  


Crédit image @Netflix

FORMER ET INFORMER / Le Collectif a pour mission de rapporter objectivement les actualités à la population et d’offrir une tribune à la communauté étudiante de Sherbrooke et ses associations. Toutes les déclarations et/ou opinions exprimées dans les articles ou dans le choix d’un sujet sont uniquement les opinions et la responsabilité de la personne ou de l’entité rédactrice du contenu. Toute entrevue ou annonce est effectuée et livrée dans un but informatif et ne sert en aucun cas à représenter ou à faire la promotion des allégeances politiques ou des valeurs éthiques du journal Le Collectif et de son équipe.