Mer. Juin 19th, 2024

Par Carolanne Boileau

Le mois de mai est certainement l’une des périodes de l’année les plus vivifiantes avec le retour de la chaleur, la renaissance de la nature qui s’était éteinte pour quelque temps… Au-delà de tout ça, c’est également le mois de la poésie. Pour souligner celui-ci, Le Collectif a eu la chance immense de s’entretenir avec un artiste qui marque, depuis des décennies, le Québec tout entier, Biz.

Membre du groupe populaire Loco Locass et écrivain, Biz est un expert des mots, mais également de l’humain. Son parcours est certainement unique et parsemé d’expériences plus surprenantes les unes que les autres. Une grande partie de la vie de l’artiste a été colorée par son implication dans les camps de vacances. Pour reprendre ses mots, Biz considère que ces camps lui ont « permis de passer de misanthrope à humaniste. »

Au-delà de sa curiosité insatiable pour l’espèce humaine, celui-ci est passionné par les loisirs, ce qui l’a même poussé à obtenir un baccalauréat en la matière. L’univers de la nature et des camps de vacances, où tout devient plus simple, teinte sa vision de la vie. « Je suis curieux de tout, mais spécialiste de rien », nous dit l’homme qu’on pourrait qualifier d’autodidacte.

Apprendre sans même s’en rendre compte

Lorsqu’on parle avec Biz, on comprend rapidement d’où vient son amour pour les camps de vacances. À l’époque, malgré sa personnalité atypique pour le milieu, le directeur du camp a cru en lui et lui a donné sa chance. Selon l’artiste, « quelqu’un qui croit en toi et ton potentiel peut changer le cours d’une vie ». C’est donc à partir de ce moment que l’aventure a débuté.

Biz s’est complètement plongé dans le défi et celui-ci l’a formé dans plusieurs domaines. Il nous raconte : « chaque été, on composait une chanson, j’ai donc commencé à apprendre mon métier de rappeur sans même le savoir ». Il a également appris à être un bon conteur, à être intéressant et à s’adapter à son public. Il est clair qu’au courant de sa carrière, le philanthrope a rencontré toutes sortes de clientèles. Des jeunes et des moins jeunes, des passionnées et des critiques.

Un artiste dans l’âme

Connu depuis plusieurs années pour son rôle dans le groupe québécois Loco Locass, Biz se concentre maintenant sur l’écriture de ses multiples romans. La chute de Sparte, L’horizon des événements, Les abysses et plusieurs autres; il est clair que le romancier ne chôme pas. Sa passion pour l’écriture ne date pas d’hier. En effet, l’homme écrivait son premier livre à l’âge de 8 ans.

Sa première création intitulée Les dinosaures démontre certainement que le jeune Biz était déjà un artiste dans l’âme. « À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de livres sur les dinosaures et ceux qui existaient étaient en anglais », explique-t-il. Pour remédier à la situation, la solution était simple à ses yeux : il devait créer son propre livre. Encore aujourd’hui, le romancier croit qu’on devrait écrire le livre qu’on aimerait lire. L’écriture peut donc être une façon de combler un vide, de créer son univers et de mettre au monde ce qu’on aimerait pouvoir partager avec les autres.

Une source d’inspiration inépuisable

Pour l’artiste multidisciplinaire, la condition humaine est certainement un sujet intarissable. Au travers ses multiples champs d’intérêt, Biz admet que ce qui l’intéresse le plus, ce sont en fait ses pareils. « Rien ne doit m’être étranger et je m’intéresse à tout », dit-il. « Toutes les personnes que je rencontre sont des personnages de roman potentiels ». Il est clair que l’humain est une créature fascinante et complexe. Toutefois, le regard que Biz leur porte est d’un humanisme tout aussi fascinant.

« Lorsque je vois des vidangeurs, j’ai envie de m’arrêter et de prendre le temps de leur poser toutes les questions qui me passent par la tête. Est-ce que c’est plus dur en été parce qu’il fait chaud ou en hiver parce qu’il fait froid ? Est-ce que vous avez mal dans le dos ? Est-ce que vous trouvez des trésors ? » énumère-t-il car des vidangeurs passaient au même moment. L’artiste est donc extrêmement sensible à ce qui l’entoure et pour lui, chaque personne semble avoir une histoire qui mérite d’être entendue ou peut-être même écrite.

Pour Biz, l’important c’est surtout « de voir grand, mais faire petit ». De cette façon, on se perfectionne, on se laisse la chance d’apprendre et on se permet de rêver. Selon lui, on doit nécessairement apprendre des erreurs précédentes et refaire quelque chose de plus beau. Sa vision est en parfaite concordance avec la réponse obtenue lorsqu’il est interrogé sur son œuvre favorite toute forme confondue. « On est toujours plus fier de notre dernier projet, car c’est le plus complet à ce moment-là. » Toutefois, dans la définitive, il affirme « mon préféré est celui à venir ».

« Chacun de ces livres-là, c’est comme mes enfants »

La dernière œuvre de l’écrivain est son roman L’Horizon des événements. C’est un roman qu’il aimerait lire et, malgré le fait qu’on ne peut pas demander à un père de choisir son enfant préféré, c’est celui qu’il considère être le plus complet dans l’immédiat. Malgré le caractère infiniment humble de l’auteur, il est clair qu’il profite d’une admiration immense de la part de son public.

On peut se douter que Biz a des projets pleins la tête et qu’il réussira toujours à surprendre. Prochainement, ses fans pourront profiter d’une adaptation télé et cinématographique de deux romans de l’écrivain, soit Mort-Terrain et Les abysses, dont la production est en cours.

Avec un parcours aussi intéressant, un humanisme débordant et une intelligence artistique incomparable, Biz est certainement un artiste dont le Québec peut être fier. Ses romans sont une porte d’entrée sur son univers magique pour quiconque profitera de sa plume.


Crédit image @ Wikipedia

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