Ven. Mar 24th, 2023

Par Amandine de Chanteloup 

Le vendredi 11 novembre dernier, les Canadiennes et Canadiens célébraient le traditionnel «jour du Souvenir». Cette journée spéciale est dédiée à la mémoire de celles et ceux qui ont donné leur vie et se sont battus pour leur nation lors de la Première Guerre mondiale. 

Instauré en 1919, le jour du Souvenir était commémoré uniformément dans tout l’Empire britannique, mais également de façon plus internationale. Cela permet donc à la fois de rendre hommage à toutes ces personnes ayant servi la paix, mais également à celles qui visent encore aujourd’hui à la conserver. Cette journée fait écho à la signature de l’Armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, le lundi 11 novembre 1918. 

Un symbole éloquent 

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le jour du Souvenir était associé au port du coquelicot ?  

Ce symbole est en réalité issu du poète et soldat John McCrae. Ce sont les coquelicots qui parsemaient les champs du front occidental qui lui ont inspiré son poème le plus connu, « Au champ d’honneur ». 

Depuis lors, le coquelicot rouge est associé aux armées ayant combattu en Europe, là où ces fleurs poussaient au milieu de terrains bombardés.  

« Au champ d’honneur, les coquelicots 
Sont parsemés de lot en lot 
Auprès des croix ; et dans l’espace 
Les alouettes devenues lasses 
Mêlent leurs chants au sifflement 
Des obusiers. » 

C’est donc par l’initiative de la Great War Veteran’s Association qui, en 1921, décide de choisir le coquelicot comme symbole du souvenir, que l’usage de cette petite fleur rouge entre dans la pratique plus commune de cette commémoration. En 1925, la Légion canadienne l’adopte à son tour : portée sur le revers gauche de la veste, tout près du cœur, elle permet de rendre hommage aux sacrifices de toutes les personnes qui se sont impliqués dans cette guerre.  

Le coquelicot était d’abord confectionné à la main par d’anciens combattants handicapés, et les profits de la vente permettaient de répondre aux besoins de leurs semblables, ce qui est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui.  

Dans tous les pays du Commonwealth, ainsi qu’aux États-Unis, le coquelicot demeure un symbole fort à la mémoire du service et du sacrifice d’individus pour la liberté et la paix. 

Une liberté chèrement acquise 

Rappelons que durant la Première Guerre mondiale, ce sont près de 61 000 Canadiennes et Canadiens qui ont été tués, tandis que 172 000 ont été blessés. Il est on ne peut plus important de prendre conscience que derrière ces chiffres, ce sont des femmes, des hommes, qui ont existé, qui se sont battus à leur manière, et qui sont morts pour leurs familles, pour leur nation. Il ne faut pas non plus mettre de côté toutes les personnes qui sont rentrées chez elles complètement brisées, traumatisées par les horreurs vécues et les sacrifices.  

Le 11 novembre permet donc d’honorer les morts, les blessés, les traumatismes, les familles déchirées, les veuves, les orphelins, et bien d’autres encore. Il ne s’agit pas seulement que de chiffres qui figurent sous une date dans un manuel d’histoire, il s’agit d’individus qui ont eu une vie, des rêves, des espoirs, et qui se sont battus — sur le terrain ou non — pour un avenir meilleur.  

« Nous sommes morts 
Nous qui songions la veille encore 
À nos parents, à nos amis, 
C’est nous qui reposons ici 
Au champ d’honneur »  

Les commémorations annuelles 

Cette année, plusieurs rassemblements se sont tenus près de divers monuments commémoratifs. Également, le traditionnel défilé des anciens combattants s’est déroulé pendant la cérémonie nationale, où la gouverneure générale Mary Simon s’est jointe au mouvement. Cette dernière a d’ailleurs insisté sur l’importance actuelle du rôle des Forces armées canadiennes dans les efforts de reconstruction qui s’opèrent dans le monde entier à la suite des guerres, ou des catastrophes naturelles.  

« À vous jeunes désabusés 
À vous de porter l’oriflamme 
Et de garder au fond de l’âme  
Le goût de vivre en liberté. 
Acceptez le défi, sinon 
Les coquelicots se faneront 
Au champ d’honneur » 

L’importance de la mémoire 

Bien souvent, lorsqu’il est question de commémorations militaires, la plupart pensent aux soldats qui se sont directement battus sur le terrain. Malgré tout, il est on ne peut plus important de souligner l’importance des investissements et des sacrifices de tous les autres individus qui se sont investis dans divers aspects de cette guerre. Il faut garder à l’esprit que la guerre touche également des infirmières, des civils et bien d’autres encore.  

Il est également primordial de ne pas oublier, de garder en mémoire ces événements pour ne pas les reproduire, mais également pour rendre honneur à celles et ceux qui ont défendu la liberté : la société actuelle ne serait pas la même sans ces individus qui ont défendu leur patrie, leurs droits et leurs libertés.  

Chaque année, en cet honneur, se tient la Semaine des vétérans, du 5 au 11 novembre, afin de rendre hommage à ces derniers.  

Il faut donc garder en mémoire ces événements qui, même s’ils sont de plus en plus lointains, sont primordiaux dans l’histoire d’un pays. Apprendre de ces conflits peut aider à en éviter de nouveaux.  


Crédit image @Facebook

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Auparavant cheffe de pupitre (printemps-automne 2022) pour le journal Le Collectif

Amoureuse d’histoire et de littérature, Amandine a toujours aimé écrire. Son entrée au baccalauréat en histoire n’a donc été une surprise pour personne, puisque cela lui permet de lire, d’écrire, mais surtout d’apprendre toujours plus.

Membre de l’équipe du journal depuis le printemps 2022, elle vous garde au courant des évènements culturels, mais vous permet aussi de découvrir toutes sortes de personnalités et d’expressions artistiques.

Amandine a été cheffe de pupitre de la section CAMPUS au printemps-été 2022 avant de migrer vers la section CULTURE pour l'automne 2022 et de quitter l'équipe pour d'autres horizons professionnels à l'hiver 2023.