Mar. Fév 27th, 2024

Par Lé Bonneau 

En 2023, la chaleur s’est fait ressentir, c’est certain. Mais saviez-vous qu’il s’agit de l’année la plus chaude jamais enregistrée par l’organisme Copernicus? En plus des températures extrêmes, 2023 a été le théâtre de nombreuses catastrophes naturelles, de rencontres internationales et de premières inusitées…  

Le Service Copernicus sur le changement climatique (C3S) a confirmé que 2023 est devenue l’année civile la plus chaude depuis 1850. Certains membres de l’organisation, comme Carlo Buontempo ou Samantha Burgess, considèrent même qu’il s’agit d’un record de chaleur sur les 100 000 dernières années. Les données qui précèdent 1 850 ne sont toutefois pas disponibles pour corroborer cette information. 

Cette organisation européenne effectue la surveillance d’indicateurs climatiques tout au long de l’année à l’échelle planétaire. Publié au début janvier 2024, le rapport de fin d’année de Copernicus fait l’état de la situation climatique pour l’année 2023.  

C’est ainsi que Copernicus a avisé la population mondiale que la température globale a dépassé de plus de 1 °C le niveau préindustriel. L’organisme stipule que dès janvier ou février 2024 il sera possible d’observer une période d’un an dépassant de 1,5 °C ces niveaux.  

Des températures dangereuses 

Les observations de Copernicus démontrent que le réchauffement arrive plus vite que prévu dans le passé. En 2019, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a produit un Rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Le groupe d’experts estimait alors que le réchauffement planétaire atteindrait 1,5 °C entre 2030 et 2052.  

Parmi les conséquences d’un tel réchauffement, le GIEC soutient que la plupart des zones habitées vivront des chaleurs extrêmes, qu’il y aura des périodes de précipitations fortes dans certaines régions alors que d’autres seront le théâtre d’une sécheresse importante. Ce sont toutes des conséquences des réchauffements climatiques qui ont été observées en 2023.  

Ces conséquences présentent des dangers pour la communauté planétaire. En effet, les vagues de chaleurs intenses exposent l’humanité à une « potion diabolique » de polluants selon Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Il soutient que « les vagues de chaleur détériorent la qualité de l’air avec des répercussions sur la santé humaine, les écosystèmes, l’agriculture et même notre vie quotidienne ». D’ailleurs, nous apprenions cet été que les canicules européennes ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes durant l’été 2022.  

L’année des feux de forêt 

Au Québec, et plus largement au Canada, ce sont principalement les feux de forêt qui illustrent le caractère critique de la situation. L’année 2023 a battu un record de superficie touchée par les feux de forêt au Québec, selon le World Weather Attribution (WWA). Ce sont 5,3 millions d’hectares qui ont été touchés. L’équipe qui s’est intéressée à la situation québécoise précise que les risques d’incendie ont doublé en raison des changements climatiques.  

Dans des propos rapportés par La Presse, Yan Boulanger, chercheur pour le WWA, explique que dans des situations comme celle-ci, il importe de s’intéresser aux conditions permettant la propagation des feux. La chaleur importante et les faibles taux d’humidité qui régnaient au Canada aux mois de mai et de juin 2023 ont favorisé la propagation des feux.  

2024 n’a d’ailleurs pas marqué la fin des feux de forêt au pays. En effet, nous apprenions le 8 janvier dernier que des feux hibernants sont toujours en activité aux Territoires du Nord-Ouest. Ces feux ne sont pas dangereux pour le moment puisqu’ils brûlent dans le sol, mais ce sera assurément quelque chose à surveiller au printemps.  

Des discussions internationales animées 

La diplomatie internationale s’est attardée à ce défi mondial qu’est la lutte aux changements climatiques lors de conférences et de sommets des Nations Unies soit : la Conférence des Nations Unies sur l’eau, le Sommet sur les Objectifs de développement durable et la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28).  

C’est de la COP28 dont il fut davantage question en 2023. Vivement critiquée, notamment parce qu’elle fut présidée par le dirigeant d’une compagnie pétrolière, Sultan Al Jaber, et qu’elle se déroulait à Dubaï. Les pays présents sont finalement arrivés à un texte qui est considéré comme historique par certains. En effet, dans le texte final, les États participants ont convenu de s’éloigner des « énergies fossiles » en mentionnant ces termes pour la première fois en 28 ans. Des groupes militants pour l’environnement expriment cependant des critiques par rapport à la COP, puisqu’ils estiment que c’est trop peu, trop tard.  

Quelques meilleures nouvelles 

Ces records ne sont pas les seules nouvelles environnementales à retenir de la dernière année. Au Brésil, la déforestation de l’Amazonie a diminué de moitié en 2023. Au Québec, l’île d’Anticosti a été nommée patrimoine mondial de l’UNESCO.  

Au Canada, on apprenait en décembre que le gouvernement fédéral allouera 12,5 milliards de dollars en aide au captage et au stockage de carbone dans les prochaines années. Le Bloc québécois et le NPD ont dénoncé cette stratégie en soutenant que la lutte aux changements climatiques ne doit pas reposer que sur des mesures comme celle-ci, tels que rapporté dans Le Devoir.  

Chez nos voisins du sud, c’est le procès Held c. l’État du Montana qui a retenu notre attention. Dans ce contexte, la cour a jugé en faveur d’un groupe de jeunes qui a poursuivi l’état pour violation du droit constitutionnel à « un environnement propre et sain » en raison de son soutien à l’industrie des énergies fossiles. Selon certains, cela pourrait créer un précédent aux États-Unis, mais aussi à l’échelle internationale. 

Certaines premières plus légères ont aussi marqué 2023 : Euronews a rapporté qu’une entreprise suisse a produit le premier camion fonctionnant à l’énergie solaire. Une nouvelle coupe du monde assez inusitée a fait ses débuts à l’automne 2023. Ce sont des épreuves de ramassage de déchets dont il est question lors de cet événement sportif. Fun fact : la Grande-Bretagne a remporté cette première édition de la « Spogomi World Cup ». 


Source: Wikimedia Commons

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