L’énergie hawaïenne de Mon Doux Saigneur envoûte le Granada 

Par Kémuel Lavallée 

OPINION/Aller voir un spectacle de Mon Doux Saigneur donne envie de partir six mois en road trip entouré de tes amis les plus proches. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti en sortant de leur spectacle. 

Le 17 février dernier, j’ai eu la chance d’assister à une soirée dans laquelle le groupe a offert un spectacle intime, où se mêlaient passion et talent. La foule a fortement apprécié sa présence, et bien sûr, je m’inclus dans celle-ci. À vrai dire, j’ai pogné quelque chose. En toute honnêteté, j’ai découvert le groupe la veille du spectacle et même si j’ai eu le temps d’écouter quelques-uns de leurs morceaux, rien n’aurait pu me préparer à l’ambiance décontractée et chaleureuse qui se dégage d’Émerik St-Cyr Labbé et sa bande. Bien que le chanteur se limite dans ses échanges avec la foule, il s’exprime à travers ses paroles et c’est ressenti. La setlist était complète et variait judicieusement entre leurs trois albums sortis à ce jour. J’ai particulièrement aimé Hook II et L’eau, deux chansons qui se caractérisent par leur énergie entraînante. Les musiciens étaient détendus, généreux et avaient l’air de s’amuser. 

D’ailleurs, une chose qui m’a vraiment marqué, c’est l’espace qu’on donnait aux chansons. Entre deux phrases, le groupe prenait une pause de paroles qui était comblée par une séance de jamming orchestrée, ce qui donnait une certaine unicité au moment présent. Aucun solo de David Marchand à la pedal steel ne m’aura laissé indifférent. L’énergie hawaïenne est, selon moi, une composante importante à l’esthétique proposée par Mon Doux Saigneur. La soirée s’est terminée sur des applaudissements qui ne terminaient pas, ce qui forçait le groupe à revenir jouer quelques morceaux supplémentaires, au grand plaisir du public. Je tiens également à mentionner la performance de la première partie qui était assurée par Alphonse Bisaillon. Bien qu’il soit en territoire connu, l’artiste savait assurément comment divertir une foule grâce à son humour et sa chaleur. La scène, réduite à sa personne et à un piano, a très bien complémenté son talent.  

Pour ce qui est de sa discographie, Mon Doux Saigneur a sorti son troisième album, Sur Fleur de l’Âge, en 2022. L’album a été créé durant la pandémie et les paroles reflètent l’environnement dans lequel l’auteur les a composées. Émerik St-Cyr Labbé parle de la distance qu’il a dû prendre avec ses proches, mais surtout de l’envie de les revoir en reprenant la route. D’un côté, les dix chansons sont plus rythmées et explosives que les derniers albums. D’un autre, on sent une confiance acquise grâce à une prise de maturité. 

En résumé, je recommande fortement d’expérimenter le spectacle de ces artistes. Le troisième album est bien mesuré, mais surprenant. Mon Doux Saigneur fait maintenant partie de mes écoutes quotidiennes et le public gagnerait véritablement à découvrir son dernier album. 

Pour suivre leurs tournées, visitez le site :  

https://www.mon-doux-saigneur.com/spectacles

https://alphonse-bisaillon.com/


Crédits: Kémuel Lavallée

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